Festival 2018

Bérénice 34-44

Mise en scène : Pierre-Olivier Scotto

Interprète : Violette Erhart

 

L’avis de cesoirauthéâtre.fr :

Le spectacle débute sur un plateau aux divers éléments, une ambiance plutôt chaude des années 35/40. Est-ce une chambre, un atelier, un salon ? Ce sera un peu tout cela à la fois.

Ce sera aussi et surtout, l’histoire d’une jeune fille juive qui découvrira sa vocation très jeune : le théâtre. Suivre sa voix n’est pas chose aisée. Cela coûte parfois très cher. Son ultimatum sera vite posé : ce sera sa famille ou sa raison de vivre. Et puis, la guerre éclate, alors comment reste-t-on un artiste en étant juif ?

C’est un spectacle incroyablement interprété. Violette Erhart, a, et sans péjoration aucune, cette fraîcheur de jeunesse qui lui permet d’interpréter avec justesse l’évolution de cette jeune fille, devenue femme célèbre. Il y a chez cette comédienne, plus qu’une interprétation. Lorsqu’elle parle de la passion de Bérénice, on pense entendre la sienne.

J’émets une petite réserve quant à la séparation des tableaux. Il y a selon moi, beaucoup de scènes différentes regroupables et l’on perd un peu en rythme.

Néanmoins, cela ne vous fera pas perdre le fil de ce récit.

 

Ce qu’il faut retenir :

C’est un spectacle qu’il faut voir, pour être la première adaptation du roman d’Isabelle Stribbe et pour son interprète digne du festival d’Avignon !

 

Où est-ce ? 

20h45 au Théâtre de la Carreterie.

Relâche les 10, 17 et 24.

 

Le pitch :

  1.  » Bérénice Kapelouchnik est une adolescente juive, passionnée de théâtre. Elle finit par rentrer au conservatoire, puis à la Comédie Française contre la volonté de son père. Mais la guerre éclate, et tous les Juifs doivent être expulsés de la Maison de Molière.
    Durant cette période sombre de l’Occupation, nous découvrons les travers et les ambigüités de la Comédie Française et de ses occupants : Jacques Copeau, Louis Jouvet…
    Dans ce seul en scène, nous suivons cette comédienne dévorée par sa passion viscérale pour le théâtre, qui préférera renier jusqu’à son nom, son identité, pour rester sur les planches plutôt que de céder au chantage du régime de Vichy. »

 

 

 

 

Qui suis-je ?

Mise en scène : Jacky Katu

Interprètes : Carolina, Sandra Duca

 

L’avis de cesoirauthéâtre : C’est l’histoire d’une femme qui ne naît pas dans le bon corps. Il n’est pas mauvais, mais il n’est pas « adapté ». Elle va nous conter l’histoire de sa « recouvrance », si je puis me permettre, mais pas que… ce n’est pas une seule mais deux comédiennes qui interprètent cette création 2018.

En alternance, elles vont parler statistiques, définitions officielles, mais aussi articles de loi, sévices vécus dans les camps de concentration…

Ne pensez pas que cela est un documentaire. Loin de là, au contraire, vous apprenez tantôt de manière froide, tantôt de manière humoristique. Des scènes alternant l’histoire de Carolina, de nombreux transsexuels, de nombreuses femmes et de nombreux hommes, mais aussi des univers angoissants, discriminants mais tellement réels.

Je dirais que la force de ce spectacle réside ici-même, dans le réalisme. Les deux comédiennes, dont on ne soupçonnerait pas un binôme aussi complémentaire interprète ce spectacle avec humanité.

J’ai une petite réserve. On pense au début que nous sommes dans une chronologie des étapes de vies de Marie, ce qui ne sera finalement pas le cas. Cela ne fait pas perdre le fil mais questionne le spectateur qui lui fait interrompre sa pleine écoute, quelques minutes.

Ce spectacle relève aussi d’une question, peut-être un parti pris du metteur en scène. Elle concerne le fait que le personnage interprété est une femme avec des goûts propres à l’image de la femme en opposition à l’homme, dans un système binaire: le port des robes, le maquillage…

Quoi qu’il en soit, ce spectacle est une réussite.

 

Ce qu’il faut retenir : Raconter sur scène, les sentiments, le rejet mais aussi les joies, l’humour de certaines situations que vivent les femmes et les hommes nés dans un corps opposé est essentiel. Une minorité n’existe que lorsqu’on décide qu’elle en est une. Ces histoires de vies doivent être relatées, expliquées, pour que leurs discriminations cessent. En somme, un spectacle digne d’Avignon et de bien d’autres scènes et qui démarrent pour notre blog ce festival sur de très bons auspices !

 

Où est-ce ?

14h10, Théâtre de la Carreterie.

Relâche les 10, 17 et 24.

 

Le ptich : Marie, née Michel, s’est toujours sentie femme, au fond de lui, au fond d’elle.
Rejeté enfant par son père qui le trouve trop efféminé et par sa mère qui ne l’a jamais désiré, Michel/Marie grandit entre injonctions de virilité et paroles de rejet.
Adulte, Marie/Michel nous entraîne dans le tourbillon de sa métamorphose, de séances de coaching en tables d’opérations. Un monde où se croisent médecins, militants, prisonniers… et poupées gonflables !
Pour fêter sa nouvelle identité, elle se précipite chez l’esthéticienne pour se faire épiler.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais comme elle ne pourrissait pas…Blanche-Neige

 

 

 

Texte : Angélica Liddell

Mise en scène et Interprètes : Claudia Lapisardi, Madalen Larvor

 

L’avis de cesoirauthéâtre.fr :

L’horreur des attentats de Beslan mis en parallèle avec le calme des contes de fées. C’est à la fois l’histoire des enfants, celle des femmes, des soldats. Comment survie-t-on à l’horreur ? Peut-on vivre avec ? Elever un enfant dans la barbarie, est-ce définir sa vie ? Ces questions, vous n’avez pas le sentiment de vous les poser. Non, parce qu’assis sur votre siège, vous aurez le sentiment d’être parmi ces victimes, ces bourreaux pour en ressentir les émotions. Pris par l’émotion sans y être enfermé. La force de ce spectacle c’est cela; ce n’est pas raconter pour attrister. C’est relater avec les références qu’un enfant et un adulte d’ailleurs, devraient avoir.C’est aussi pour connaître ce drame, ne pas oublier, en parler pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Le texte est incroyablement précis et sa construction est originale. La mise en scène le sublime.

Je vois rarement autant de personnes pourtant si différentes en apparence, sortir d’une salle de spectacle avec cette émotion sur le visage matérialisée sous formes de larmes ou de sourires.

La mis en scène est intelligente, artistiquement perspicace et enfin très puissante.

Ce qu’il faut retenir :

Pour le jeu des comédiennes, on a tendance à accompagner la définition, d’adjectifs bon ou mauvais. A ces deux comédiennes, il n’y a rien à ajouter. Elles donnent une définition complète à ce mot. C’est un spectacle que l’on ne peut pas manquer à Avignon, cette année. Un coup de coeur pour notre rédaction.

Où est-ce ? 

15h au Théâtre des Amants.

Relâche les 10, 17 et 24.

 

Le pitch :

La pièce s’ouvre sur un décor post-apocalyptique, une école dévastée. Quatorze ans après les terribles événements de Beslan, ces jeunes adultes sont encore enfermés dans cette prise d’otage, comme s’ils n’avaient jamais cessé de la revivre.
Blanche-Neige et le soldat ce sont ces enfants, ce sont ces bourreaux. Tout au long de la pièce, ces personnages effectueront un va-et-vient entre un instant figé dans l’horreur de l’événement dont ils tentent de s’échapper et la voix de ces jeunes adultes dans leur présent encore hanté.